Retour en terre d'Orient

Bonjour à tous,
Difficile exercice que celui de se souvenir.
Plus le temps passe et plus peindre avec acuité les images gravées dans notre mémoire devient un travail ardu. Le réalisme des premiers temps, quand dans notre esprit le souvenir encore clair fait corps avec l'instant pour ne former qu'une seule et même réalité, s'efface peu à peu pour faire place à l'abstrait.
Durant toute l'année passée, je me suis efforcé de retranscrire dans les billets de ce blog, les paysages, les lieux, les instants tels qu'ils se sont présentés à moi, dans leur aspect brut, premier, véritable.
Aujourd'hui, beaucoup d'images se sont effacées, beaucoup de ce que j'ai vu avec l'éblouissement de la découverte est maintenant atténué dans ma mémoire par le voile du souvenir.
Mais ce qui reste présent dans mon esprit, toutes ces images, toutes ses couleurs, toutes ses odeurs, tous ces bruits, toutes ses émotions, c'est finalement ce qui aura vraiment compté pour moi, ce qui m'aura marqué, ce qui m'aura touché pendant ces mois en terre d'Orient.
A présent rentré en France, je vous propose que nous repartions ensemble dans quelques uns de ces endroits qui font mon Orient, pour un dernier voyage au coeur du Levant, de Damas à Beyrouth, de l'Euphrate à la Bekka, en passant par Palmyre et la Qadicha.
A bientôt !
Publié à 20:49, le novembre 27, 2010, Lyon Mots clefs :
Intermède
Bonjour à tous !
Toutes mes excuses pour l'interruption temporaire du fil de ce blog...la technique ayant décidé de me jouer des tours, je me vois privé d'ordinateur jusqu'à la fin du mois.
Rendez vous donc sans faute début Mai.
A bientôt.
Publié à 18:39, le avril 10, 2010, Damas Mots clefs :
Bâtisseurs d'éternité

Bonjour à tous !
Après avoir laissé derrière nous le soleil lentement se coucher sur le désert du Neguev, nous approchons de la silhouette sombre des montagnes arides qui gardent jalousement depuis deux mille ans un haut lieu de l'imaginaire collectif. Pétra. Cité mystérieuse longtemps oubliée dans ce dédale de pierres, les images des silhouettes des tombeaux se découpant des flancs des falaises roses, ne cessent de hanter l'imaginaire des explorateurs, de nourrir les fantasmes des chasseurs de trésors en quête de l'or des pharaons et d'exciter la curiosité depuis sa découverte à la fin du XIXè siècle.
Mais que signifie Pétra ? Quelle étaient la raison d'être de cette folie architecturale d'un peuple nomade qui a pourtant marqué son emprunte dans l'histoire en bâtissant ?
Ces questions ne peuvent trouver des réponses qu'en arpentant les canyons, en foulant le sable et en suivant les traces de ces sculpteurs de tombeaux.
Tout commence par une gorge qui s'enfonce au coeur de la montagne, un défilé aux parois majestueuses par leur taille et la beauté de leurs couleurs allant du noir des roches volcaniques aux teintes sables et roses données par le temps. Un spectacle permanent dans lequel on évolue avec émerveillement dans un silence à peine troublé par le passage des chevaux des bédouins, reconvertis en taxis équestres pour personnes découragées par le kilomètre de marche que dure le Siq.
Soudain, après les quelques minutes de randonnée, au détour d'un virage dans le défilé, apparaît la façade de la Kazneh. Bien sûr, cette silhouette est familière, tant de photos, tant de reportages, tant de films l'ont déjà prise comme sujet, mais se trouver à présent face à face avec cette vieille dame qui semble nous attendre depuis deux millénaires est une expérience qui coupe littéralement le souffle. Après les quelques instants nécessaires pour reprendre ses esprits, nous nous avançons sur la petite place qui fait face à la Kazneh. Tous les touristes présents avec nous devant la monumentale façade de l'édifice nous gênent tout d'abord dans un reflex naturel de vouloir avoir l'exclusivité de cette vision. Mais finalement, Pétra n'a t-elle pas toujours été un lieu de rassemblement ? Un noyau fédérateur pour ces nomades en quête d'un endroit de pèlerinage pour honorer leurs aïeux ? Les touristes d'aujourd'hui ne sont pas si différents de ceux qui, deux mille ans plus tôt, arpentaient déjà ce dédale de pierres et foulaient ce sable que nous foulons à notre tour. La raison d'être de ce lieu commence à devenir plus claire…Le Siq ne nous a pas simplement conduit jusqu'à la cité à travers la montagne, il nous y a également conduit à travers le temps. Et maintenant nous voilà au coeur de ces falaises qui nous racontent l'histoire de ce peuple comme elles racontaient déjà aux nabatéens leur propre histoire.
Nous nous avançons plus avant dans la cité, laissant derrière nous la Kazneh pour découvrir la ville en tant que telle. Encore une fois la surprise et l'émotion sont grandes. Partout autour de nous, des tombeaux, des temples et des habitations se détachent de la falaises aux parois roses. Le spectacle, commencé une heure plus tôt à l'entrée du Siq se poursuit ici par un balai de couleurs exceptionnel dans une explosion de gigantisme et de génie architectural. Grandiose.
Ce voyage dans le temps, au milieu de ce peuple nomade qui a sculpté pour l'éternité son histoire aux flancs des ces falaises abruptes, aura duré deux jours. Mais tout comme cette cité est pour toujours gravée dans la roche, les images de ce lieu resteront gravées dans nos mémoires.
A bientôt !
Publié à 16:24, le mars 1, 2010, Pétra Mots clefs :
Symphonie chromatique

Bonjour à tous !
Après être passé par la Turquie, après avoir longé la frontière irakienne, et visité le LIban du Nord au Sud, après avoir vu le Caire, et traversé le Sinai et, bien sûr, après avoir fait de nombreux kilomètres au coeur de la Syrie, la Jordanie n'était encore pour moi qu'une vague image, que le souvenir d'une traversée nocturne sur la route de l'Egypte. Et pourtant, ce pays offre aux visiteurs de découvrir nombre de lieux dont les noms suffisent à embraser l'imaginaire. De la plaine du Jourdain aux rives de la mer morte, de la route des Rois à la Mer Rouge en passant par Pétra et le désert du Wadi Rum, cher à Lawrence d'Arabie, le Royaume Hachémite est un concentré d'histoire et de merveilles naturelles.
Parmi toutes les richesses de Jordanie, un nom, un lieu est mythique entre tous. Pétra. La cité rose, merveille naturelle et prouesse architecturalle, chef d'oeuvre des Nabatéens, est la raison principale de ce voyage. Cap au Sud donc en quittant Amman.
Notre route nous conduit d'abord au Mont Nébo, belvédère naturel surplombant la mer morte, d'où Moise pu admirer la terre promise avant de mourir au milieu des oliviers. En arrivant au sommet, la vue qui s'offre à nous est tout simplement exceptionnelle. La montagne désertique glisse vers la plaine fertile du Jourdain dans un mélange de couleurs que viennent compléter le bleu profond de la mer morte et l'irréelle pureté du ciel d'où se détache au loin les falaises d'Israël et la silhouette blanche de Jéruralem. Il faut quelques minutes pour reprendre son souffle devant cette féerie chromatique qui se dispute notre émerveillement avec la beauté géologique de la plus grande faille du monde qu'est la mer morte et ses 400 mètres sous le niveau de la mer.
C'est vers ce grand lac salé que nous nous dirigeons après un dernier regard sur Bétanie et Jéricho.
La mer morte doit son nom à sa concentration en sel, telle que la vie y est impossible. Cette particularité lui donne un aspect presque solide, une véritable mer d'huile qui semble immobile, une tache bleutée au milieu des montagnes désertiques. Dès les premiers pas hors de la voiture, la peau se couvre d'une pellicule salée…et pas question de se baigner sans la perspective d'une douche à la sortie de l'eau ! Nous resterons donc sur le bord à admirer quelques minutes la couleurs de l'eau et des roches blanchies par le sel.
Il est temps pour nous de nous remettre en "sel" en longeant la mer jusqu'à son extrémité sud ou nous rejoignons la route des Rois.
Le spectacle de ce tracé au coeur des montagnes est magnifique. Le noir des roches basaltiques contraste avec la couleur de sable donnée par l'érosion au sommets arides de ces monts bicolores.
Après environ une heure à serpenter dans ce décor, nous gagnons la réserve naturelle de Dana et ses paysages de carte postale.
Au détour d'un virage, le soleil couchant à l'horizon nous invite à nous arrêter pour apprécier la splendeur de l'instant. La vallée que nous dominons est devenue le theatre d'une symphonie de couleurs orchestrée par un soleil rouge qui embrase les roches sous un ciel flamboyant.
La nuit tombée, nous reprenons la route laissant dernière nous toutes ces images aux couleurs irréelles et en pensant à Pétra qui se profile à présent.
A bientôt !
Publié à 13:44, le février 15, 2010, Pétra Mots clefs :
Parenthèses
Bonjour à tous !
On insiste rarement assez sur l'importance des parenthèses. Dans la vie comme dans la phrase, il s'agit de ce petit écart, de ce petit encart, dans le déroulement des choses, de cette infime partie, qui va pourtant pouvoir donner tout son sens à l'ensemble dans laquelle elle s'inscrit. Mais par définition une parenthèse ne dure qu'un temps et qu'elle qu'ai pu être son importance, elle doit tôt ou tard se refermer.
Dans les voyages, les parenthèses, ces escapades hors des sentiers battus et prévisibles, permettent de prendre du recul sur ce que l'on vit, sur ce que l'on découvre, pour pouvoir apprécier sous un angle différent ce qui s'offre à nous.
Quand on pense à Pétra, beaucoup d'images viennent en tête, la vue de la Kazneh au détour des gorges, le monastère accroché à la paroi d'une montagne rose, et tous ses tombeaux creusés dans la roche par ce peuple méconnu…Mais tout cela, c'est oublier que Pétra est avant tout un lieu de pèlerinage, un lieu dédié au souvenir des êtres disparus, souvenir gravé pour l'éternité sur les flancs de ses montagnes.
Il est un endroit symbolique, loin du circuit touristique, une parenthèse qui nous rappelle la dimension originelle du site, le Mont Aaron.
Plus haut sommet de la région, il domine Pétra de ses 1400m avec une majesté qui paraît inébranlable. Les paysages qui s'offrent à nous pendant l'ascension sont d'une beauté sans pareil malgré la désolation de ces montagnes arides aux pieds desquelles s'étend le désert.
Après quelques marches, le mosolé, dernière demeure d'Aaron, grand frère de Moise, apparaît dans un blanc éclatant. Seul au milieu de ce dédale de roches volcaniques et de sable entremêlés, ce lieu invite naturellement au recueillement.
Tour à tour, lieu de pèlerinage pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans, des croyants de toutes les religions du Livre succèdent à ces nouveaux pèlerins en quête de calme, loin de l'agitation de Pétra, loin de l'agitation du quotidien, comme pour ouvrir une parenthèse de quelques minutes dans leur vie.
Et c'est alors que le lien se noue entre tous ces gens d'apparence si différents, les Nabatéens sculpteurs de tombeaux, les croyants venus se rapprocher d'un autre monde au sommet de cette montagne ou les simples voyageurs prenant le temps de se retirer quelques instants de notre monde…Tous ont en commun la nature éphémère de leur vie, de cette parenthèse ouverte au milieu de toutes les autres au sein du mouvement global de notre temps, et tous veulent se souvenir de ceux dont la parenthèse s'est refermée, parce qu'une parenthèse, si infime soit elle, peut donner tout son sens à l'ensemble dans laquelle elle s'inscrit.
On insiste rarement assez sur l'importance des parenthèses…
A Jean Le Goff et René Dufrêche.
Publié à 16:49, le février 14, 2010, Pétra Mots clefs :
{ Page précédente } { Page 1 sur 6 } { Page suivante }
|
Qui suis-je ?
Mes albums
Où suis-je actuellement ?
Rubriques
Derniers articles
Retour en terre d'Orient Intermède Bâtisseurs d'éternité Symphonie chromatique Parenthèses
Sites favoris
Ma galerie photo
Amis
|